Dans un petit jardin
Pas plus grand qu'un bassin
ou plutôt qu'une bassine
Il y a une glycine
Qui court sur la clôture
Faite d'un long et vieux mur.

Le jardin en friche
Complètement s'en fiche.
L'herbe monte aux genoux
Au sol, les capucines
S'emmêlent et se nouent
Sur les pierres et les cailloux.

Le jardin en prison
Qui a pour horizon
Et unique raison
Les toits de deux maisons,
Apreçoit les saisons,
Le soleil vagabond

Dans le soir rouge et brun
Mon jardin sent le thym
Et puis le romarin.
On marche sur le plantain,
On arrache quelques brins
De ses feuilles satins.

Farouchement, les roses
Multicolores, s'éclosent.
Des papillons s'y posent
Longuement se reposent
Puis s'en vont sur un lys
En frôlant les iris.

Il y a la verveine
Soignant les maux et les peines,
Dont la senteur des veines
Imprègne de toute part
De son parfum bizarre
De citronelle rare.

Un coin d'hortensias,
Une bordure de thuyas
Et de blancs pétunias
Tendrement encombrent
Un espace sombre
Et noyé dans l'ombre.

Sur une marche un lézard
Venu à tout hasard,
Rapidement inspecte
Vite, en tournant la tête
En cherchant les insectes
Dont il se délecte.

Enfin, loin de la ville
Tout est calme et tranquille.
Par les herbes, envahi,
Sous le soleil qui rit,
Le jardin s'assoupit
Solitaire, insoumis

Lumière des Ombres