Un épouvantail
Aux cheveux de paille
A un coeur aussi
Sous ses vieux habits
Je suis la terreur
Des petits oiseaux
Le souffre douleur
Des vilains marmots
Au milieu des champs
Battu par les vents
Mes bras en croix
S'étirent comme une croix
On me montre du doigt
On se moque de moi
On ne devine pas
Que j'ai un coeur qui bat
Cueillant dans le pré
Les fleurs de l'été
Etait venue une fille
Douce et gentille
Blonde comme les blés
Les sabots cirés,
Comme elle était belle,
Fière, dans le soleil.
S'approchant de moi,
Elle me regarda
Sous mon chapeau gris,
Et puis, elle m'a souri.
Je ne savais pas
Je ne pouvais pas
Sourire moi aussi,
Je n'avais pas appris.
On m'avait donné
Depuis des années,
Visage grimaçant
D'un air menaçant.
Alors, lentement,
Presque tendrement,
Elle piqua une fleur
Tout pres de mon coeur
Et depuis il bat.
Elle ne le sut pas.
Car vite elle s'en fut,
Je ne l'ai jamais revue.
On dit qu'un garçon
La vit près du pont
Morte le lendemain
De la paille dans les mains.