Ce tres haut mur de pierres
où s'accroche le lierre
Tous deux cherchant la lumière
Et tous deux à elle offert
C'est toi
C'est moi
L'insecte qui se pose
Dans le coeur de la rose
Béante et dispose
Tandis qu'il se repose
C'est toi
C'est moi
Et puis toutes ces fleurs
Pliées sous la chaleur
D'un ciel plein d'ardeur
Exaltant leurs senteurs
C'est moi
C'est toi
Enfin le liseron
Qui se love en rond
Autour de frêles tiges
Qui résistent et s'affligent
C'est moi
C'est toi
Le vent virevoltant
Vibrant, tourbillonnant
Aérien dans les branches
Qui sous lui se penchent
C'est toi
C'est moi
Le torrent impulsif
Qui dévale en flots vifs
Dessus les blancs cailloux
Lisses, pur, sans nulle boues
C'est toi
C'est moi
Cette terre endormie
Et noyée sous la pluie
Qui aussitôt s'éveille
Aux rayons du soleil
C'est moi
C'est toi
Ensuite le crépuscule
Qui soudain bascule
Dans l'ombre de la nuit
Que la lune éblouit
C'est toi
C'est moi
Quand l'aube dans ses atours
Pâles, annonce le jour
Qui dévoile sans détour
Notre secret amour
C'est toi
Et moi.