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  • Toi qui, comme un coup de couteau,



    Dans mon coeur plaintif tu es entrée ;



    Toi qui, forte comme un troupeau



    De démons, vins, folle et parée,



    De mon esprit humilié



    Faire ton lit et ton domaine ;



    - infâme à qui je suis lié



    Comme le forçat à la chaîne,



    Comme au jeu le joueur têtu,



    Comme à la bouteille l'ivrogne,



    Comme aux vermines la charogne,



    - maudite, maudite sois-tu !



    J'ai prié le glaive rapide



    De conquérir ma liberté,



    Et j'ai dit au poison perfide



    De secourir ma lâcheté.



    Hélas ! le poison et le glaive



    M'ont pris en dédain et m'ont dit :



    "tu n'es pas digne qu'on t'enlève



    à ton esclavage maudit,



    Imbécile ! - de son empire



    Si nos efforts te délivraient,



    Tes baisers ressusciteraient



    Le cadavre de ton vampire !"



     



    Charles Baudelaire



    photo Joseph Auquier


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  • Quoique tes sourcils méchants




    Te donnent un air étrange




    Qui n'est pas celui d'un ange,




    Sorcière aux yeux alléchants,







    Je t'adore, ô ma frivole,




    Ma terrible passion !




    Avec la dévotion




    Du prêtre pour son idole.







    Le désert et la forêt




    Embaument tes tresses rudes,




    Ta tête a les attitudes




    De l'énigme et du secret.







    Sur ta chair le parfum rôde




    Comme autour d'un encensoir ;




    Tu charmes comme le soir,




    Nymphe ténébreuse et chaude.







    Ah ! les philtres les plus forts




    Ne valent pas ta paresse,




    Et tu connais la caresse




    Qui fait revivre les morts !







    Tes hanches sont amoureuses




    De ton dos et de tes seins,




    Et tu ravis les coussins




    Par tes poses langoureuses.







    Quelquefois, pour apaiser




    Ta rage mystérieuse,




    Tu prodigues, sérieuse,




    La morsure et le baiser ;







    Tu me déchires, ma brune,




    Avec un rire moqueur,




    Et puis tu mets sur mon cœur




    Ton œil doux comme la lune.







    Sous tes souliers de satin,




    Sous tes charmants pieds de soie,




    Moi, je mets ma grande joie,




    Mon génie et mon destin,







    Mon âme par toi guérie,




    Par toi, lumière et couleur !




    Explosion de chaleur




    Dans ma noire Sibérie !




     
















    Les fleurs du mal (extrait)




    Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867)



     



    photo : Anna Grecka


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  • Aujourd'hui je sacrifie à l'ouverture d'un blog. Ou plutot je transfère une ébauche de blog.
    Pourquoi?
    Peut être Parce que je crains que mon Groupe MSN ne disparaisse pour cause de trop grande "moralité", peut être pour "faire comme tout le monde". Peut être par exhibition, par envie d'être lue. Une sorte de journal qu'on écrit soit disant pour soi, et on espère qu'il sera lu par beaucoup. Et peut être y aura t-il des commentaires? Peut être aussi parce qu'à force de lire les blogs des autres, de réagir à tel ou tel propos, je me suis dit : pourquoi pas?
    Alors voilà ! c'est le grand jour ! l'ouverture de MON blog perso, rien qu'à moi...Sourire.

    Si vous avez le sourire facile et si vous ne vous prenez pas trop au sérieux , si vous aimez les maux, les mots et les émois qui en découlent alors soyez les bienvenus


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