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    Il pleure dans mon coeur
    Comme il pleut sur la ville ;
    Quelle est cette langueur
    Qui pénètre mon coeur ?

    Ô bruit doux de la pluie
    Par terre et sur les toits !
    Pour un coeur qui s'ennuie,
    Ô le chant de la pluie !

    Il pleure sans raison
    Dans ce coeur qui s'écoeure.
    Quoi ! nulle trahison ?...
    Ce deuil est sans raison.

    C'est bien la pire peine
    De ne savoir pourquoi
    Sans amour et sans haine
    Mon coeur a tant de peine !

     

    Paul Verlaine


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    Les nuits, les nuits...
    Parfois c'est comme si je sentais
    Ton désir de me faire mal vraiment,
    Quelque chose qui doit être lu
    Entre les lignes...


    Les lignes, les lignes...
    Les rides qui dessinent
    Des sentiers sur nos fronts
    Lorsque nous pensons trop
    Et que nous parlons peu...


    Les mots, les mots...
    Qui s'emmêlent. Je Te suis
    Et épouse et soumise,
    Compagne et camarade,
    Etrangère et amie...


    A mi-chemin, mi-voix...
    J'ai encore souvent
    Comme un coup au cœur
    Quand Tu surviens derrière moi
    Pour tirer mes cheveux...


    Je veux, Tu veux...
    Alors que je m'incline
    Les nuits, les nuits,
    Où Tu me laisses un goût
    Métallique dans la bouche...


    Bouche qui ne bouge..
    Mors aux dents
    Qui étouffe mon souffle
    Et me taille la langue
    Bâillon sans  fin...


    Faim ou peur qu'importe...
    Creux dans l'estomac
    Et je vois sur l'écran
    Impalpable du moi
    Mes poignets transpercés...


    Par ces lames de nuit...
    Stores vénitiens qui
    Me laissent fantasmer
    Le trait de la blessure
    Et une aube inutile... 

     

    Auteur inconnu

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  • C'était une fessée lumineuse, flamboyante! le derrière embrasé et pourtant consentant, gigotait en tous sens pour échapper à l'emprise de la sévère correction qui lui était administrée. Comme deux anguilles se glissant parmi les algues sous-marines, les deux fesses malmenées se tortillaient, se balançaient, se crispaient, se relâchaient puis se tendaient dans une danse sauvage et primitive en l'honneur d'un dieu brutal. Se levant, puis s'abattant au rythme de ses caprices sur les rondeurs charnues, la main ferme du fesseur en orchestrait la danse, et chaque coup qui tombait entraînait un nouveau tortillement, toujours plus marqué, toujours plus accentué que le précédent. Impuissante à soulager le feu qui s'abattait sur sa croupe fragile, la malheureuse victime ressentait la cuisante brûlure se propager dans le bas de son dos; et ses trémoussements aussi vains qu'inutiles, ne faisaient qu'augmenter l'ardeur du correcteur, lequel, se délectant du spectacle charmant, tapait à tour de bras les fesses tremblotantes. Son et lumière des claques crépitantes sur le postérieur écarlate!


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  • Il n'était pas là ce jour-là. Pourtant c'était un jour parfait. Juste cette petite félure. Mon frère n'était pas là le jour de mon mariage. Je l'avais accompagné sur le chemin de ses déboires amoureux. Assisté, soutenu. Et ce jour là, il n'est pas venu !


     Mes parents malgré leur bonheur de me voir heureuse avaient le coeur serré. Il n'était pas là. Par leur faute. Par sa faute. Par ma faute. Parce que trop d'amour, parce que trop de fierté, parce que trop de mots dits ou non dits. Et de savoir leurs coeurs serrés, le mien l'était aussi. Pas tout le temps bien sûr, car c'était le premier des plus beaux jours de ma vie. Mais de loin en loin, l'échange d'un regard, l'éclat d'un rure qui manque. Il me manquait un témoin. un témoin de mon amour, de ma joie, de ma nouvelle vie qui commençait. Ai-je été trop heureuse, trop égoiste de vouloir vivre et aimer. Etait-ll jaloux de ce bonheur accepté alors que le sien avait été rejeté?


    Cela fait plus d'un an maintenant et quand j'y pense mon coeur se serre et il se met à pleuvoir dans mon ciel. J'essaye pourtant de garder un lien. Malgré la peine qu'il nous a fait, j'essaye de lui faire savoir qu'on l'attend toujours, qu'on l'aime toujours, envers et contre tout , malgré lui et malgré les autres.


    Peut etre aurais je des enfants, et j'aimerai qu'il les connaissent. Qu'il puisse raconter notre enfance, nos coups de gueules et nos coups de coeur.


    J'aimerai qu'il n'oublie plus expres la fete des meres et celle des peres. J'aimerai qu'il se souvienne de tout l'amour de ses parents, j'aimerai qu'il ne soit pas ingrat, tétu et borné. Tout petit dejà... sourire....J'aimerai...


    J'aimerai qu'il entende nos "je t'aime"mais j'ai peur que son coeur reste sourd. Et je ne sais pas comment faire pour le retrouver un jour. Je voudrai que son coeur, qu'il avait si grand, ne se soit pas effiloché sur le bord du chemin. Qu'un petit bout batte encore et se souvienne...


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